La biodiversité vue par la Fromagerie d’Eugénie, Languidic

 Favoriser la biodiversité pour une meilleure qualité de fromage ? C’est possible ! La fromagerie d’Eugénie le met en application et nous en parle !
La biodiversité est le tissu vivant de notre planète, dont nous faisons partie. Elle est au cœur de nos vies et nous fournit des biens et des services irremplaçables. Découvrez la biodiversité et comment les agriculteurs partenaires du comptoir d’ici, chacun à leur manière, en font une de leurs priorités.

Leur choix : le bio

En 1995, Yann décide de reprendre la ferme familiale de Kerbail à Languidic. En 2008 Sylvie, son épouse, l’a rejoint sur l’exploitation de vaches laitières. Par passion pour le fromage, ils décident de diminuer la vente de lait pour se concentrer sur la production fromagère.
Aujourd’hui la totalité du lait est transformée en fromage. Peu adeptes des produits chimiques, ils ont décidé, il y’a trois ans de réaliser leur conversion : « nous avons voulu finaliser notre démarche de minimiser les intrants en passant en bio ».

Vaches heureuses, Vaches généreuses !

Yann et Sylvie avaient pour volonté de laisser leurs 50 vaches en plein air toute l’année. C’est d’ailleurs la première année, en 2021, où les vaches sont restées à l’extérieur, pour profiter des prairies, 24h/24 et 7j/7 même l’hiver !
De plus, ils ont fait le choix, pour améliorer les conditions de travail, de réaliser une traite par jour, système que l’on nomme monotraite, qui va diminuer la quantité de lait mais augmenter la qualité de ce dernier et par conséquent celle du fromage. Ainsi, la santé de l’animal est préservée et sa fertilité augmentée. Enfin, ils ont opté pour un système de pâturage tournant dynamique. Les parcelles sont divisées, pour former des paddocks, les vaches vont venir brouter dans ces paddocks en alternant afin que les prairies se reposent entre chaque pâturage. Ainsi, ils vont pouvoir faire pâturer la vache au meilleur stade de l’herbe en optimisant le potentiel de repousse de la parcelle. Les vaches ne se nourrissent que d’herbes, ils sont donc 100% autonomes dans l’alimentation des vaches.

Les prairies, des alliées pour la biodiversité !

Le souhait de Yann et Sylvie est « d’obtenir un équilibre plante – sol – animal », et les prairies sont un excellent moyen d’y parvenir ! En effet, les prairies, qui maintiennent un paysage ouvert sont un véritable refuge et réservoir de biodiversité. La flore très diversifiée aux floraisons variées, va servir d’habitat à la faune. En plus de permettre d’obtenir le pâturage le plus performant possible, on va observer un équilibre spatial et temporel qui participe au bon fonctionnement écologique. Le sol n’est pas labouré, seulement piétiné par les vaches, ce qui va favoriser la vie dans le sol : « Avec notre système d’élevage actuel, on s’aperçoit que le sol est très vivant ! ». Or, un sol très riche, notamment en espèces végétales, sera moins friable et résistera davantage aux intempéries et aux piétinements du troupeau. L’abondance des racines et des micro-organismes qui les entourent permet de maintenir la terre et les nutriments.

Des alliées également pour la diversité bactérienne 

Les prairies sont également un atout majeur pour la qualité du fromage. Le mode d’exploitation et la nourriture des vaches vont orienter la qualité du lait et du fromage. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi…
En effet, dans le domaine de la fabrication fromagère, de multiples micro-organismes utiles sont impliqués, comme les bactéries très présentes dans les prairies. Ces types de bactéries sont favorables à la production fromagère.  Lorsque l’animal vit en extérieur, ses mamelles sont au contact du sol et une flore bactérienne se développe sur celles-ci. La flore bactérienne se définit comme l’ensemble des micro-organismes vivant à l’état naturel. Lors de la traite, ces bactéries présentent sur les trayons qui vont être traits vont se retrouver dans le lait et être bénéfique pour le fromage.
Les animaux vivant à l’intérieur sont souvent nourris avec de l’enrubanné. L’enrubanné est de l’herbe coupée, séchée puis recouverte d’un film plastique pour le stockage, ce qui induit un développement de bactéries anaérobies*. Celles-ci  ne sont pas favorables à la production fromagère et impacte donc la qualité du fromage.
Plus la biodiversité, et particulièrement la diversité bactérienne sera importante, moins les germes pathogènes pourront se développer, permettant de protéger naturellement les fromages : « On travaille avec le milieu vivant pour protéger des germes pathogènes ». J’espère avoir réussis à vous convaincre que la  biodiversité a un rôle majeur dans la qualité du fromage !

La saviez vous ? On compte environ 2.5t/ha de bactéries dans le sol d’une prairie permanente.

 

Juliette Coadic

 * : Bactéries se développant en milieu dépourvu d’oxygène. 

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