La biodiversité vue par le potager du Cosquéric, Ploemeur

Favoriser la biodiversité grâce à la traction animale ? C’est possible ! La ferme du Cosquéric le met en application et nous en parle ! 
La biodiversité est le tissu vivant de notre planète, dont nous faisons partie. Elle est au cœur de nos vies et nous fournit des biens et des services irremplaçables. Découvrez la biodiversité et comment les agriculteurs partenaires du comptoir d’ici, chacun à leur manière, en font une de leurs priorités.

Son choix : le bio

Installée depuis 2006, à Ploemeur au lieu-dit du Cosquéric, Anne Solen possède le potager du Cosquéric. Ses deux hectares de maraîchage et ses 2000 m² de tunnels lui permettent de cultiver des légumes divers en fonction des saisons et des besoins de chaque variété. Dès 2011, elle réalise sa conversion à l’agriculture biologique. En 2013, elle est officiellement certifiée bio, puisqu’elle répond aux exigences du cahier des charges biologique. Sa priorité est de cultiver des légumes sains pour la santé, sans abîmer l’environnement.

La traction animale, une alternative aux tracteurs ?

Lorsque nous pensons agriculture, nous pensons tracteurs, moissonneuses… et pourtant Anne Solen privilégie la traction animale. Si après la seconde guerre mondiale la traction animale a été supplantée dans les pays occidentaux, la majorité des agriculteurs dans le monde travaillent à la main ou utilisent la traction animale.
Mais qu’est-ce que la traction animale en agriculture ? Elle se définit, d’après Anne Solen, comme « un partenariat entre l’Homme et l’animal » pour les travaux agricoles. Il y’a quelques années, Anne Solen, passionnée par les chevaux est tombée sous le charme d’une race bien précise : le cheval de trait. Elle décide alors d’allier cette passion à son métier de maraîchère. Après s’être formée au haras d’Hennebont, elle rencontre Sorraya, une jument de trait. En plus de lui permettre de limiter l’utilisation du tracteur, elle va entretenir une relation unique avec sa jument lui permettant de travailler son sol en économisant l’énergie fossile. Aujourd’hui, la préparation de ses sols est encore majoritairement réalisée par le tracteur, une culture sur six est entièrement travaillée par ses chevaux. Mais, le buttage ainsi que le désherbage de précision entre les rangs sont réalisés par la traction animale.

Comment ça marche ?

Sorraya est équipée d’un rota composé d’une griffe (visible sur la photo ci-contre), pour le buttage. Le buttage consiste à ramener la terre qui se trouve dans les intervalles de la plantation au pied des plantes. Cela va favoriser la croissance de la plante. Puis, il faut  réaliser le griffage du sol. Sur le même principe, le griffage consiste à retourner la terre, qui par mouvement de torsion permet de retourner la couche superficielle du sol.  Les graines vont être mises à nu et germer. Après la germination, il faut  re griffer le sol afin de détruire toutes les plantules de mauvaises herbes qui repoussent sans bouleverser la vie du sol, qui est d’ailleurs très importantes dans les premiers centimètres du sol. Il est donc essentiel de repasser plusieurs fois sur le même sol.
Mais Sorraya n’est pas la seule à mettre la main, ou plutôt la patte, à la pâte puisque Kior, sa ponette Shetland, réalise le désherbage de précision entre les rangs. En effet, sa taille facilite sa manipulation, qui permet de travailler sur des zones nécessitant d’être plus précis. Anne Solen prépare d’ailleurs la relève, puisqu’une autre de ses juments, Isba, a mis bas de Lawen, il y a 6 mois. Ils profitent pour l’instant de la bonne herbe du Cosquéric.

Et le rapport avec la biodiversité ?

En plus de ne pas émettre d’émission de CO2, la traction animale présente des avantages considérables pour la biodiversité du sol. Le premier avantage est le poids. En effet, un tracteur pèse plusieurs tonnes tandis qu’un cheval de trait ne pèse que 800 kg, « que 800 kg pour une fois que je dis ça, d’habitude c’est plus : attention elle fait 800 kg » a rigolé Anne Solen. Ainsi, le sol ne va pas être tassé, et donc sera plus aéré et plus propice au développement des organismes vivants.
Le deuxième avantage est que cette technique permet de ne pas avoir recours au labour. Le labour, en modifiant, la structure et la qualité du sol détruit les lieux de vie de la faune. Ceci conduira à une diminution de certaines espèces, en particulier les vers de terre.
Enfin, la traction animale ne bouleverse pas les horizons du sol. Les horizons sont les différentes couches du sol. Le travail est effectué sur la partie superficielle du sol, ce qui n’impacte pas sa structure et préserve la vie souterraine.

La Saviez vous ? Dans le monde, presqu’un tiers des agriculteurs, soit environ 400 millions,  utilisent la traction animale.

Juliette Coadic

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