La biodiversité vue par le Jardin de la Saudraye, Guidel

Favoriser la biodiversité en ne cultivant pas une partie de sa parcelle ? C’est possible ! Le jardin de la Saudraye le met en application et nous en parle !
La biodiversité est le tissu vivant de notre planète, dont nous faisons partie. Elle est au cœur de nos vies et nous fournit des biens et des services irremplaçables. Découvrez la biodiversité et comment les agriculteurs partenaires du comptoir d’ici, chacun à leur manière, en font une de leurs priorités.

Son choix : mention Nature et Progrès

Le jardin de la Saudraye, tient son nom de sa localisation. En effet, Sandrine Rossi s’est d’abord installée en 2016 au moulin de la Saudraye (Guidel) pour y commencer sa culture de plantes aromatiques et médicinales. Elle produit ainsi des tisanes et distille des hydrolats et des huiles essentielles. Depuis octobre 2020, elle a changé de localisation pour un terrain en location à seulement quelques kilomètres de sa culture précédente, à proximité des étangs du Loc’h. Elle cultive une cinquantaine d’espèces différentes sur un hectare. Sandrine cultive sous mention Nature et Progrès qui correspond à l’idée du bio à laquelle elle adhère.

Mais que signifie la mention nature et progrès ?

Cette mention garantit des produits alimentaires et cosmétiques respectueux de l’environnement, des hommes et des animaux. Sa charte et son cahier des charges exigeant, lui permette de défendre un mode production et de transformation fidèle aux principes de l’agriculture biologique. Il est basé sur une vision globale et cohérente comprenant notamment les critères éthiques et sociaux. Ainsi, les produits sont conformes au cahier des charges mais pas seulement… les fermes et entreprises également ! Le jardin de la Saudraye vise à des relations commerciales solidaires, utilise des modes de production adaptés à l’équilibre naturel du sol, des végétaux et des animaux et les processus de transformation sont artisanaux.

Une partie de la parcelle non cultivée… pour préserver la biodiversité

Près de la mer, dans un environnement ouvert mais entouré par des noisetiers, voici l’environnement de travail de Sandrine. Mais c’est également un lieu de vie, d’habitat pour de nombreuses espèces aussi bien les oiseaux que les insectes. Les oiseaux sont attirés par les arbres situés tout autour du jardin, tandis que les insectes sont attirés par la diversité des espèces végétales que Sandrine favorise. En effet, sur une planche on peut y voir de la mauve, des framboisiers, des groseilliers, ainsi que des espèces sauvages comme la carotte sauvage qu’il n’est pas nécessaire d’enlever puisqu’elle ne gêne pas la croissance des autres espèces.
Si l’on regarde un peu plus loin, on peut voir une partie du jardin non cultivée. Celle-ci se reconnaît par des joncs, plantes bioindicatrices qui indiquent que le sol est très humide. Les zones humides, qui sont des espaces de transition entre la terre et l’eau sont propices au développement d’une grande diversité d’espèces. C’est un véritable réservoir de vie, il peut accueillir des espèces nicheuses mais également migratrices. On peut le voir grâce à des tracés dans les joncs qui témoignent d’un passage régulier d’animaux. Ces zones qui assurent des connexions entre des réservoirs de biodiversité, offrant des conditions favorables à leur déplacement, sont appelées des corridors  écologiques.

Importance et maintien des corridors écologiques 

Sandrine participe à son échelle à la favorisation de ces corridors en faisant le choix de laisser à nu une zone humide.  Mais à l’échelle nationale, une démarche gouvernementale nommée la trame verte et bleue, initiée en 2007,  a pour objectif de maintenir et de reconstituer un réseau d’échanges afin que les espèces animales et végétales puissent circuler librement, comme nous. En effet, pour satisfaire leurs besoins vitaux : se nourrir, se cacher, se reposer et se reproduire, elles doivent se déplacer d’un habitat à un autre en empruntant un réseau de corridors écologiques. En préservant ces passages, on permet à la biodiversité de fonctionner et d’évoluer.
Force est de constater que ces réseaux subissent de fortes pressions causées par l’Homme ; la trame verte et bleue vise à préserver et remettre en bon état des continuités écologiques afin d’enrayer le déclin de la biodiversité. Les continuités écologiques sont  des réservoirs de biodiversité reliés les uns aux autres par des corridors écologiques. La trame verte et bleue est à la fois un réseau écologique et un outil d’aménagement du territoire qui se traduit dans les documents d’urbanisme à travers les zonages, la réglementation et les projets de territoire. Si vous avez du mal à visualiser ces corridors écologiques, je vous invite à observer lors d’une balade dans la nature, les grandes herbes, notamment les joncs, où les animaux laissent des traces de leur passage, comme visible sur la photo.

Le saviez vous ? Sous la pression de l’urbanisation et de l’artificialisation des terres, on estime à 67% le pourcentage de zones humides disparues depuis le début du XXe siècle, dont la moitié entre 1960 et 1990.

 

Pour les curieux…

La trame verte est adaptée aux continuités écologiques terrestres tandis que la trame bleue se concentre sur les continuités écologiques aquatiques.  De plus, la France dispose d’un panel d’outils au service de la protection de ces espaces : parcs nationaux, réseau Natura 2000 parcs naturels régionaux… qui sont focalisés sur la présence d’espèces et d’habitats sauvages. La trame verte et bleue complète ces politiques en prenant en compte le fonctionnement écologique des écosystèmes et des espèces dans l’aménagement du territoire. Son objectif est donc d’enrayer le déclin de la biodiversité au niveau global en agissant localement.

Juliette Coadic

 

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