La biodiversité vue par la ferme des trois bergers, Pont-Scorff

Favoriser la biodiversité pour restaurer les sols ? C’est possible ! La ferme des trois bergers le met en application et nous en parle !
La biodiversité est le tissu vivant de notre planète, dont nous faisons partie. Elle est au cœur de nos vies et nous fournit des biens et des services irremplaçables. Découvrez la biodiversité et comment les agriculteurs  partenaires du comptoir d’ici, chacun à leur manière, en font une de leurs priorités.

Leur choix : le bio

Julie et Thibault, ingénieurs de formation, se sont installés à Pont-Scorff depuis mars 2017 en élevage de chèvres et transformation fromagère. Leurs méthodes répondent aux principes de l’agriculture biologique, ils ont donc décidé de se faire certifier bio. Leur ambition est de respecter la nature et les animaux. Ils possèdent 54 hectares, dont 8 sont en culture leur permettant 40% d’autonomie alimentaire pour les 72 chèvres.

Sol compact, un frein aux cultures

Avant l’arrivée de Julie et Thibault, les terres étaient cultivées en conventionnel. L’agriculture conventionnelle autorise l’utilisation de produits chimiques pour traiter et prévenir des maladies et des insectes nuisibles des cultures.  Comme vous le savez, le sol est l’outil de travail le plus important en agriculture. Or, l’épandage de ces produits chimiques a modifié la structure du sol.  Julie et Thibault ont donc dû faire face à des teneurs en matière organique diminuées, ce qui a induit un sol très compact, peu aéré. Les plantes s’enracinent difficilement, et l’herbe est moins nutritive.
Par ailleurs, la biodiversité était moindre dans les premiers centimètres du sol.  Pourtant, elle est primordiale : elle assure la vie des plantes, recycle les déchets organiques, régule les flux de carbone et le cycle de l’eau et tient à l’écart les espèces nuisibles. C’est pourquoi, ils se sont adaptés et ont trouvé des solutions pour donner une nouvelle vie à ces sols appauvris.

Comment retrouver un sol en bonne santé ?

La première étape a été d’enrichir le sol et de le décompacter. Leur sol manquait d’éléments nutritifs : azote, potassium et phosphore. Pour cela, on peut apporter du fumier, ou de la cendre de bois par exemple.
La seconde étape a été de mettre en place des rotations des cultures. Cette pratique permet de régénérer le sol. Mais d’abord qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une pratique agronomique consistant à alterner des cultures différentes sur la même parcelle. Leur système est de laisser cinq ans une parcelle en prairies puis cinq ans en culture. Les plantes ont des besoins nutritifs différents et variés, ainsi, elles vont puiser dans les différentes couches du sol et donc on assistera à une utilisation cohérente des ressources nutritives du sol. De plus, les systèmes de rotation augmentent la présence de microorganismes et la richesse du milieu, perdu depuis plusieurs années.
La troisième étape a été de planter des haies, d’abord en 2019 puis en 2022. Déjà entouré par une belle diversité d’arbres, ils leur semblaient indispensables de planter des haies afin de favoriser la biodiversité et principalement dans le sol et ainsi de restituer de la manière organique puisque 40% de la biomasse d’un arbre retourne dans le sol chaque année. Cela rendra le sol plus fertile. Enfin, la dernière étape consiste à être patient. En effet, un sol fragilisé met du temps à retrouver son équilibre et perd plus vite qu’il ne peut se reconstituer.

Des projets pour la suite en termes de biodiversité ?

Ils aimeraient installer des nichoirs, afin de favoriser la présence d’oiseaux sur leur site. Ils pensaient à des nichoirs pour les mésanges ou les moineaux, des perchoirs pour favoriser la présence des rapaces ou encore des clochers pour attirer d’autres espèces comme les chouettes. De plus, ils veulent continuer à favoriser l’agroforesterie. L’agroforesterie est un mode d’exploitation agricole qui associe la plantation d’arbres ou d’arbustes. Les arbres s’enracinent profondément dans le sol ce qui va permettre une meilleure assimilation de l’azote par les végétaux. De plus, le carbone capté par les arbres de la parcelle va être stocké et va apporter de la matière organique ce qui va aider à améliorer la qualité du sol. Tout comme les haies, l’agroforesterie va également constituer un abri pour une faune diversifié.

Le saviez vous ? Les sols abritent plus d’un quart de toutes les espèces vivant sur terre.

Juliette Coadic

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