Alors, on change ? Rendez-vous cette semaine avec Solan et Clémence : Le Potager de Sainte-Hélène

Rendez-vous cette semaine avec Solan Larqué et Clémence Hauville, du Potager de Sainte-Hélène, dans la ria d’Etel. 

 

 

Les légumes, c’est la vie.

 

Solan : On mise sur un panel de légumes classiques, de saison. On a testé beaucoup de choses ces dernières années, mais au fur et à mesure on a un peu restreint. La gamme « bretonne » est indispensable, patate, chou carotte ; cela on s’est adaptés à la demande locale.

Il y a aussi des choses qui pourraient plaire en restauration comme du cerfeuil tubéreux, par exemple, mais pas vraiment pour les particuliers. Chaque année, on teste des choses. Un semis prend entre 3 et 6 mois, donc quand on tente une variété, l’aubergine blanche par exemple, on essaie une petite quantité. On essaie aussi de répondre à la demande sur certains produits qu’on n’avait pas prévus, comme le cornichon – cette année on a d’ailleurs augmenté la production. On travaille en plein champs, mais aussi en serre (non chauffée) pour les fruits et légumes d’été, qui sont très prisés, comme la tomate, le melon, les fraises.

 

Clémence : Notre saison est programmée un an à l’avance, tout est planifié chaque semaine, la réception des graines ou des plants, la mise en terre, la récolte.

On vend principalement sur les marchés, à Carnac, Quiberon et Sainte-Hélène, et également via la Biocoop de Belz et Le Comptoir d’Ici à Lorient. Ces deux formats de vente sont intéressants, les marchés pour le contact avec les gens, qui aiment rencontrer les producteurs, et les magasins spécialisés pour le gain de temps. Comme nous travaillons sur une zone touristique, il faut anticiper une demande plus forte l’été.

 

 

Le choix du Bio

 

Clémence : Nous voulions démarrer une activité agricole directement en bio et pour cela, il fallait trouver des terres « propres » ou bien une exploitation bio déjà en activité. N’étant pas issus d’une famille d’agriculteurs, cela n’a pas été facile de trouver un terrain – d’autant que nous ne sommes pas de la région, je suis de Normandie et Solan du Béarn. Heureusement, nous avons eu la chance de pouvoir racheter ce site de 5 hectares, dont les terres n’étaient pas exploitées depuis plusieurs années. Les inspecteurs du label Ecocert ont donc pu nous donner l’agrément bio très rapidement. Tous les ans, on a un contrôle aléatoire et un contrôle planifié, ainsi que des vérifications sur nos achats de semis, des contrôles sur l’étiquetage dans les marchés etc.

On raisonne en bloc et parcelles, et on pratique une rotation sur 4 ans. Actuellement, l’ensemble de nos terres est en culture, on essaie de laisser reposer la terre quelques mois, quand on peut.

Changer, ça se prépare.

 

Clémence : Il faut bien compter deux ans pour se faire une réputation, apprendre à gérer l’exploitation dans son ensemble, notamment toute la partie administrative. On en avait conscience quand on s’est lancés. Il faut se donner un peu de temps, pour produire, puis pour trouver un certain nombre de points de vente et déterminer les marchés qui fonctionnent plus que d’autres.

 

Solan : Je dirais qu’il faut se concentrer sur une gamme sûre de produits. Sur une saison, il y a toujours un ou deux légumes qu’on rate, à cause d’un ravageur, ou d’un semis qui ne prend pas. Dans ce cas, on fait l’impasse, mais c’est possible uniquement si on a une culture diversifiée.

 

Changer, c’est pas toujours simple.

 

Clémence : Quand on s’est installés. A l’époque (en 2012), Solan a commencé l’exploitation seul, le temps de voir comment on allait s’en sortir. Il avait déjà une bonne expérience en pépinière et en maraîchage. Nous avons mené de front le lancement de l’exploitation, mais aussi notre vie de famille (ndr : 3 enfants !) et la restauration de la maison. J’avais alors le statut de « conjointe collaboratrice » qui est assez précaire. En 2017, on s’est associés.

Aujourd’hui, on a une bonne vie, même si c’est beaucoup (beaucoup) de travail. Ce qui est compliqué, c’est de trouver du temps pour faire autre chose, notamment partir en vacances ; il faut pouvoir se faire remplacer sur les marchés et la main d’œuvre reste difficile à trouver.

 

Solan : Pour attirer du monde, il faut quand même que les légumes soient beaux, gros, pas abîmés, les gens sont encore très conditionnés par l’aspect physique. Et puis, il faut un stand varié, c’est pour ça qu’on a misé sur la diversité. On ne trie pas nos légumes, on présente tout. Les habitudes peuvent changer, si la qualité est là. Quand on travaille avec des magasins, il faut aussi pouvoir livrer des produits calibrés selon leurs normes, être régulier.

 

… mais ça rend heureux…

 

Solan : On est partis de rien et on est arrivés à produire pratiquement tout, tout en ayant de la qualité. On récolte un légume frais, qui est vendu dans les deux jours – on n’a pas de chambre froide. Pour l’instant, chaque année la production augmente. On s’en sort plutôt bien, la demande est croissante et nos produits plaisent. Et il faut dire qu’avec la crise sanitaire actuelle, le circuit court a pris de l’ampleur.

MANON LIDUENA

Journaliste et Auteure

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